mardi 27 septembre 2016

En 1939, tout un village lorrain BURLIONCOURT est venu, réfugié, vivre à ALLASSAC

Allassac et les réfugiés lorrains

"Dés les premiers jours de la guerre, Allassac reçoit des habitants de la commune de Burlioncourt (Moselle). Des logements sont réquisitionnés pour les réfugiés. Le maire de Burlioncourt , Monsieur Mollé est hébergé chez son collègue d'Allassac, Ferdinand Marcou." 
( Allassac en Bas limousin par JL Lascaux p145)

Ne souhaitant pas vivre sous le joug de l'occupation allemande et dans le cadre de l'évacuation des civils de toute la Moselle, ce village de Lorraine soit environ 150 habitants est venu, durant 4/5 années à Allassac (j'ai vu sur Copains d'avant qu'un monsieur de Burlioncourt dit avoir été à l'école maternelle d'Allassac de 1940 à 1945 )

carte postale de Burlioncourt pendant l'occupation 
"400 000 habitants et 71 villes et villages d’Alsace et de Lorraine sont évacués vers le sud-ouest de la France. Strasbourg est vidé de sa population en deux jours dès la déclaration de guerre ; à la fin du mois tous les habitants de la Moselle ont gagné la Charente et la Vienne. Partout les évacués peuvent compter sur de nombreux bénévoles ; dans chaque département des services des réfugiés voient le jour. La cohabitation n’est pas facile : les uns sont déracinés tandis que les autres se sentent « envahis » ; les tensions sont inévitables (elles sont religieuses et linguistiques entre Alsaciens et habitants du Sud-Ouest)" !!!!!!!!!!            L'exode, un drame oublié par Eric Alary

A l'est de Nancy et de Metz, Burlioncourt
Quand j'étais gamine, j'entendais toujours parler "des lorrains" l'une des plus proches amies de ma mère en avait épousé un et était partie vivre à Burlioncourt où son époux avait une propriété agricole.
Jusqu'à un age très avancé elle est revenue tous les ans à Allassac. 
De temps en temps ses enfants, lorrains, font à ma mère la surprise de venir la saluer : ils n'ont pas oublié leurs racines corréziennes.
Mon père dont la mère avait une boulangerie évoquait aussi les ouvriers lorrains qui travaillaient au fournil. En ce temps-là, d’après ce que j'ai entendu, on a accueilli ces réfugiés avec humanité.
Pourtant si l'on en croit les témoignages leur arrivée dans des départements pauvres n'a pas été facile.

C'est en lisant le livre de Jean Lebrun sur Coco Chanel que l'histoire de Burlioncourt et  d'Allassac dont j'avais parlée au début de ce blog m'est revenue. Coco Chanel avait acheté le château de Corbère-abères dans le Béarn : "la débâcle a déjà jeté à travers le canton la population de deux villages lorrains entiers"


Et les réfugiés syriens aujourd'hui ?

  • Ce qui se passe en Syrie est effarant, peuple millénaire et peuple martyrisé avec une population ayant avant la guerre des conditions de vie dignes.
De quel courage font preuve ces gens pour affronter l'horreur de l'exil dans de telles conditions ? Tout perdre, son pays, sa maison et souvent sa famille pour un voyage au bout de l'enfer.

Que ferions nous et surtout qu'espérerions nous dans de telles conditions ? Ceux qui refusent de les accueillir se croient immunisés contre une telle possibilité d'avenir et pourtant lorsqu'on regarde l'histoire, et celle de 39/40 n'est pas si ancienne, cela pourrait nous arriver aussi, tellement tout se précipite parfois.

Hier sur Radio France le témoignage de l'une de nos voisines de Dordogne, maire de Jumilhac le haut qui a reçu des familles syriennes dont l'une est restée expliquait avec beaucoup d'humanité et d'humilité comment la commune s'était fédérée autour de l'accueil de ces personnes.

A Bassac, en Charente, département qui a reçu beaucoup de lorrains, Sud Ouest nous rapporte comment par l'entremise d'une charte d'amitié les liens viennent d'être renforcés avec le village lorrain qui a été accueilli.

Nous avons récemment retrouvé une carte postale de Syrie de mon grand oncle, allassacois pur jus,  qui y était mobilisé (Syrie administrée par la France de 1920 à 1946), carte d'Alep disant qu'il espérait y amener sa femme et sa fille tellement le pays était magnifique et les gens gentils.
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  • En septembre 2015, on pouvait lire dans la Montagne, 
"Le Conseil municipal, fidèle aux valeurs de la République dont la fraternité, décide d'accueillir deux ou trois familles de réfugiés de guerre. A l'issue du vote unanime, le maire a salué les conseillers municipaux et a rappelé l'accueil il y a 76 ans des réfugiés de la commune de Burliancourt.
D'ores et déjà des Allassacois se sont manifestés auprès du maire pour héberger, accueillir, accompagner des réfugiés. La paroisse est, elle aussi mobilisée. Un réseau local va donc se mettre en place et s'inscrire dans le schéma d'accueil des réfugiés prévu au niveau départemental.
« C'est une décision qui nous honore, explique Jean-Louis Lascaux. Il est important de dire qu'on est en capacité de tendre la main ».
Je ne sais pas où l'on en est, la carte des villes volontaires ne donnent qu'Uzerche et Tulle pour la Corrèze.

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